Aminci, le festival Reggae Sun Ska retrouve couleurs et vigueur

Aller en bas

Aminci, le festival Reggae Sun Ska retrouve couleurs et vigueur

Message  Admin le Mar 11 Aoû 2015 - 20:39


photo @Valentin campagnie

Confrontée à une chute spectaculaire de sa fréquentation, étranglée par un budget déficitaire, la manifestation, l'une des plus anciennes du genre, a dû revoir son concept et ses habitudes.

La 18e édition du festival Reggae Sun Ska s’est achevée dimanche 9 août à Bordeaux sur un fabuleux set hypnotique de Jah Shaka, légende vivante anglo-jamaïcaine du sound system. Tous les chiffres de ventes n’étaient pas encore remontés, mais l’estimation de 41 000 spectateurs payants devrait se confirmer. C’est bien, très honnête même pour un rendez-vous qui compte parmi les plus importants d’Europe en matière de reggae. Mais c’est moins que les années précédentes : 80 000 spectateurs en 2012, 70 000 en 2013 et 50 000 en 2014. Cette baisse chronique ne s’explique pas seulement par la crise économique ambiante. En 2013, le festival, qui durait quatre jours, a dû annuler une soirée entière en raison d’un risque de tempête de vent qui n’arriva jamais. En 2014, le changement de site en a refroidi quelques-uns et mis le festival dans une situation périlleuse. 2015 avait donc valeur de test.
Après seize ans passés dans le Médoc, le Reggae Sun Ska s’est établi l'an dernier sur le campus universitaire de Bordeaux-Pessac, le deuxième plus grand de France, déserté par la plupart des étudiants pendant l’été. En ville et non plus à la campagne comme précédemment, mais quand même sur 20 hectares de verdure (des terrains de football entourés d’arbre), dans un environnement « jeune » (les résidences étudiantes auraient quand même besoin d’un ravalement), et surtout à 20 minutes de tramway du centre ville de Bordeaux. « Le précédent site ne correspondait pas à la qualité d’accueil que nous souhaitions pour ouvrir le festival à un public davantage mélomane et moins ”teufeur” » explique Fred Lachaize, le directeur du festival, soucieux de démarginaliser le reggae et de défendre les valeurs humanistes, solidaires et écologiques de la manifestation.

Consultante en géopolitique
Il reconnaît toutefois avoir manqué de recul sur l’édition 2014, voire cédé un tant soit peu à la folie des grandeurs. Résultat : une grosse baisse de fréquentation (-27%) et plus d’un million d’euros de pertes sur un budget de 3,5 millions ! Sonné par le coup de massue, mais pas KO, Fred Lachaize a mobilisé ses troupes dès le lendemain du festival et embauché une consultante en géopolitique internationale pour l’aider à analyser les budgets, le fonctionnement annuel de la structure et du festival, le financement, les actions de lobbying… « Nous avons aussi pris rendez-vous avec tous nos partenaires, à commencer par la Mairie de Bordeaux, dont le directeur de cabinet nous a reçu en plein mois d’août, pendant ses vacances ; et discuté avec nos prestataires. Quatre-vingt dix-huit d’entre eux ont accepté des échéanciers sur l’année. La région Aquitaine nous a accompagné pour renégocier nos emprunts. Et la métropole bordelaise nous a attribué une rallonge. »
O.B.F. Sound System et Shinehead, à la Dub Foundation.
De beaux signes de confiance envers un événement qui existe depuis vingt ans et qui, jusqu’en 2014, pouvait se targuer de s’autofinancer à 95% (billetterie, bars, partenariats privés). Car le Reggae Sun Ska pèse dans l’économie de la région avec quinze postes équivalents temps plein à l’année, 7 millions de chiffre d’affaires pour le GIE (Groupement d'intérêt économique) regroupant le festival, une société de production de concerts, un label discographique, et des retombées économiques locales du festival estimées à 30 millions d’euros. « Nous avons toujours dû être malins pour rechercher des partenaires financiers, poursuit Fred Lachaize. Par exemple, notre espace VIP a été conçu en collaboration avec le club des entrepreneurs du Médoc. Plusieurs entreprises invitent leurs salariés au festival comme cadeau de fin d’année. »

Plus humain
Pour l’édition 2015, le Reggae Sun Ska avait lancé un plan d’austérité : réduction du budget (2,3 M€ contre 3,5 M€ en 2015), de l’espace, du nombre de scènes (5 dont 2 petites contre 6 en 2014) et de jours (3 contre 4). « Notre cahier des charges était de réduire sans impacter la qualité, dit Fred Lachaize. Finalement, les mauvais résultats de 2014 sont peut-être un mal pour un bien. Il nous ont forcés à revoir le concept et à être davantage en phase avec nos objectifs primaires. C’était sans doute une remise en question nécessaire. » Et le festivalier de 2015 n’a pas été lésé avec une programmation très honnête où se sont distingués, outre les dubbers (voir l'encadré), The Uprising Roots, Asian Dub Foundation, The Black Roots, Jimmy Cliff, Biga* Ranx et Raging Fyah. Mieux : sur les réseaux sociaux, de nombreux spectateurs avaient donné de la voix (ou plutôt du message) contre un dispositif policier trop imposant autour du site l’an dernier. Aucun incident important n’ayant été signalé en 2014, une concertation avec les services de l’Etat a permis d’alléger considérablement le dispositif. En tout et pour tout, nous n’avons vu, en trois jours, qu’un car de CRS et une voiture de police. Rien que du très normal…
Plus humain alors le Reggae Sun Ska ? Peut-être bien. Et l’édition 2016 devrait suivre la ligne. Pour que, si tout se passe bien, d’ici trois ans, les finances soient revenues à l’équilibre.

Article extrait de Télérama

www.telerama.fr

_________________
http://forumdumedoc.lebonforum.com/
Page facebook:Forum du Médoc
Groupe facebook:Macau et ses voisins
Page facebook: Macau et ses voisins
avatar
Admin
Admin

Messages : 3270
Réputation : 27
Date d'inscription : 31/08/2012
Localisation : Macau

http://www.leforumdumedoc.com

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum