Estuaire de la Gironde : les îles refont surface ( de Orianne Dupont )

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Estuaire de la Gironde : les îles refont surface ( de Orianne Dupont )

Message  Admin le Lun 7 Juil 2014 - 20:53


L’archipel de l’estuaire (Photo Smiddest)

Patiras, île Verte, Margaux… Les îles de l’estuaire sont un patrimoine secret de la Gironde. Au nombre d’une dizaine, elles méritent pourtant le détour quand le visiteur a la chance de pouvoir y accéder. Certaines se font et se défont au rythme de l’apport d’alluvions ou des brèches creusées par l’eau. Jusque dans les années 50, d’autres ont eu une vie, une économie, des habitants… Abandonnées jusqu’à peu, elles sont aujourd’hui au cœur de projets touristiques, pédagogiques, agricoles ou environnementaux. Prêts pour une petite croisière ?

L’Île Nouvelle, la plus aboutie


Le village de l’île Nouvelle (Photo Conservatoire du littoral)

Face à Blaye, elle est la plus connue et la plus grande avec ses 300 hectares. Née au XIXe siècle de la réunion de l’île Bouchaud et de l’Ile Sans-Pain, elle est la propriété du Conservatoire du littoral et est actuellement fermée pour travaux. Une partie de l’île est occupée par un village et le reste est à l’état sauvage, en phase de renaturation. Si le conservatoire du littoral a envisagé dans un premier temps d’organiser des classes vertes sur cette île – un lieu ornithologique exemplaire – le projet a été revu à la baisse après la tempête et les inondations de 1999. L’île Nouvelle est lieu d’expérimentation écologique et scientifique qui sera ouverte au public à la journée début 2015, à l’issue des travaux réalisés sur les bâtiments.

« En 2009, une brèche s’est ouverte sur une partie de l’île, on l’a laissée, explique Guillemette Rolland, déléguée régionale du Conservatoire du littoral. Le processus de naturation se fait naturellement et on observe ce qu’il se passe avec l’entrée d’eau salée ».
Des résultats qui ne se font pas attendre car en quelques années, cette friche agricole anciennement recouverte de maïs est devenue un espace naturel intéressant que se réapproprient les espèces animales et végétales. Elle est par ailleurs un lieu d’animations l’été puisque le conseil général y organise visites et évènements culturels.

Patiras, la plus touristique


Vue du refuge de l’île de Patiras (Photo Conservatoire du littoral)

Ce petit écrin de verdure bien calé dans l’estuaire face à Pauillac (Médoc) est un appel à la détente. La partie achetée par Philippe Lacourt, est la plus exploitée de l’estuaire d’un point de vue touristique. Bordeaux Cruise River organise la visite de l’île tous les jours en juillet et en août et le week-end en basse saison au départ de Pauillac, Bordeaux ou Blaye. Une fois sur l’île, on découvre le phare de Patiras, entièrement rénové, considéré comme un belvédère sur l’estuaire depuis son extinction en 1992. Sur l’île se trouve également le Refuge, un restaurant vitré sur pilotis. En attendant le retour sur terre, une petite (la partie accessible est restreinte) ballade s’impose ainsi qu’un moment de détente sur un transat face à l’estuaire. Le reste de l’île est occupé par une exploitation agricole et une habitation.

Margaux, la plus viticole


L’île Margaux (Photo Lilian Marolleau)

Quatorze de ses vingt hectares sont recouverts par les vignes, présentes sur l’île depuis 1830. Le vin que produit le domaine de l’île Margaux bénéficie d’un micro-climat : pas de gelées printanières, ni de problème de sécheresse grâce au fleuve et une bonne aération. Les îles ont permis de sauver les vignes bordelaises.

« Pendant l’épidémie du phylloxera (maladie qui a décimé les vignes françaises) au XIXe siècle, les îles n’ont pas été touchées. On a laissé entrer l’eau de l’estuaire dans les parcelles. Les larves du phylloxéra ont alors été noyées », explique Sophie Boisseau, responsable de projet de développement durable pour la Vondation du littoral.
Cette île est une des escales des croisières organisée par Bordeaux River Cruise et comme le domaine fait de la vente directe, le gérant va ponctuellement chercher des personnes sur la « terre ». Le contacter par mail domaine@ilemargaux.com.

VIVRE SUR UNE ÎLE
Lionel de Mecquenem est le gérant du domaine de l’île Margaux. Il vit sur place avec sa famille depuis 1990. Pour lui, le seul inconvénient de la vie sur l’île ce sont les risques d’inondation. « On n’est très protégé des autres, ici on ne risque rien et nous ne sommes jamais embêtés par les travaux », évoque-t-il quand on l’interroge sur son quotidien. Proche du bord et de la ville de Margaux, l’accès à la terre est aisé
.

L’île verte, la plus agricole


L’île verte (Photo Smiddest)

L’île du Nord, l’île Verte et l’île Cazeau constituent la grande île. Elle s’étend entre le Médoc et le Blayais. Autrefois distinctes, ces trois îles n’en forment plus qu’une. Sa vocation est agricole et environnementale puisque l’objectif est d’y rétablir une biodiversité. Le propriétaire la SCEA Atlantide exploite 350 hectares en grandes cultures, semences, maraîchage, viticulture et apiculture. C’est un projet exemplaire et certifié bio. La fondation du littoral, partenaire de la SCEA Atlantide souhaite tirer le meilleur du micro-climat et de la qualité de la terre pour développer une agriculture de qualité.

Pour l’heure, cette île n’a pas de vocation d’accueil du public. Paradoxalement, c’est elle qui a eu le plus grand nombre d’habitants – 1000 personnes avec les saisonniers – jusqu’à la fermeture de son école en 1976. Les bâtiments encore visibles aujourd’hui rappellent cette vie passée. Une famille vit encore aujourd’hui sur l’île du Nord

LES ILOUTS TÉMOIGNENT
L’association NousAutres collecte actuellement les témoignages des anciens habitants des îles afin de réaliser un web documentaire. Ils ont été 150 sur l’île Nouvelle, jusqu’à 500 sur l’île Verte. Certains y vivent encore, notamment sur l’île Margaux et l’île de Patiras. Des témoignages uniques puisque après la tempête de 1999, les îles ont été classées en zones inondables et il est désormais impossible d’y créer de nouvelles habitations. La constitution d’un inventaire culturel, des pratiques et usages de cette communauté, n’avait encore jamais été réalisée. Ces témoignages seront consultables aux Archives départementales de la Gironde.


L’île Paté, la plus historique

Privée, elle a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco en 2008 puisqu’elle abrite un fort réalisé par Vauban qui, avec la citadelle de Blaye et fort Médoc, forment le verrou de l’estuaire qui avait pour vocation de protéger Bordeaux des attaques ennemies. L’ensemble des sites majeurs de Vauban, ingénieur et architecte militaire, ont été classés. Elle est aujourd’hui en vente.


(Photo Conservatoire du littoral)

L’île Macau

Propriété du port, elle était louée à un éleveur de chevaux pendant une période. Mais en raison des risques d’inondation, les îles ne peuvent ni servir de zones de pacage (où l’on fait paître le bétail) , ni abriter des animaux.

D’autres îles existent, elles sont laissées à l’état sauvage et utilisées uniquement pour la chasse. Certaines disparaissent comme l’île de Croûte face à Bourg-sur-Gironde réservée au pacage ou apparaissent. Face à Plassac (Blayais), il y en a une en formation. D’abord banc de sable, la végétation commence à s’y accrocher, elle deviendra une île uniquement si les hommes l’investissent. Fragilisées par l’érosion, les îles disparaissent si elles ne sont pas endiguées.

Article tiré de rue89bordeaux.com

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